Stratégie - 23/05/2007

Perspectives d'investissements - Juin 2007

  • La liquidité, moteur essentiel des marchés des actions.
  • La monnaie unique européenne à son plus haut niveau.
  • Amorce de rééquilibrage de la croissance mondiale.
L’essentiel
 
Les acteurs financiers ont rapidement digéré l’accès de faiblesse observé à la fin du mois de février. Depuis le creux atteint le 5 mars, les marchés des actions ont rebondi de près de 8% (MSCI monde en monnaie locale).Ils ont ainsi dépassé les pics précédents et se trouvent, pour certains d’entre eux, à des sommets historiques.

C’est le cas notamment en Europe qui est la région qui a principalement profité de cette dernière hausse (12% en dollars), devant les Etats-Unis (+8,7% en dollars). Affichant un "bêta" (c’est-à-dire une élasticité) plus élevé à la performance de la classe d’actif, elle a clairement bénéficié du regain substantiel de l’appétit pour le risque et de la tendance haussière des indices.

Au niveau régional, seuls les pays émergents ont fait encore mieux (+15% en dollars), ce qui reflète bien l’humeur qui règne présentement sur les marchés.

Relativement aux Etats-Unis, le Vieux Continent profite d’une conjoncture économique plus favorable. En effet, alors que l’incertitude relative au point bas de l’activité augmente outre-Atlantique, les révisions des perspectives à la hausse se multiplient dans la zone euro. Cette dynamique positive concernant l’évolution de l’économie se traduit par des révisions en hausse des attentes de croissance bénéficiaire des sociétés continentales, en dépit de l’appréciation de la devise.

La saison des résultats des entreprises américaines au 1er trimestre bat son plein et se révèle favorable pour l’instant, en comprenant près de deux tiers de surprises positives. Les indications laissent à penser que les attentes des analystes (en progression d’environ 4%, en glissement annuel), particulièrement conservatrices pour la première partie de l’année, seront nettement dépassées (6-7% au final).

Il ne faut néanmoins pas perdre de vue que non seulement les attentes étaient modestes, mais également que leur décélération est rapide. Le rythme de croissance était encore de 20% au 3e trimestre 2006 et de 13,5% au 4e trimestre 2006.

Le rôle joué par la liquidité au travers de l’appétit pour le risque est donc essentiel aujourd’hui pour assurer une progression ultérieure des marchés. Cette dernière se fera donc de plus en plus au moyen d’une expansion des valorisations et de moins en moins de celle des profits. La thématique, toujours très forte, des fusions et acquisitions ou encore celle qui est liée aux activités des fonds de "private equity" va dans ce sens. L’accès au crédit reste relativement aisé, malgré l’action des principales banques centrales, et les niveaux de valorisation sont suffisamment attractifs pour justifier de telles opérations financières.

Ces éléments font cruellement défaut au Japon, pays plutôt hermétique aux accords transfrontaliers, d’une part, et réticent à optimiser leur endettement, d’autre part, ce qui explique en partie la sous-performance marquée de la cote nippone. Pourtant, les fondamentaux restent bons et les actions ne tirent pas profit des révisions en hausse des attentes de croissance bénéficiaire pour l’année 2007, s’élevant aujourd’hui à deux chiffres (plus de 16% pour l’année fiscale en cours).
 
 
Philippe Schindler, Stratégiste
Gianluca Tarolli, CFA Analyste