Denaris - 19/09/2007

Infrastructures : une source originale de rendement

Financer les infrastructures, c’est-à-dire la construction de ponts, de parkings ou d’aéroports, intéresse de plus en plus les investisseurs. Ces derniers se disent séduits par une alternative originale aux placements obligataires. A ce titre, les infrastructures illustrent parfaitement l’adéquation entre les besoins de capitaux des collectivités et les rendements à long terme recherchés par les investisseurs.
 
La construction de portefeuilles doit aujourd’hui prendre en compte aussi bien la faiblesse conjoncturelle des rendements obligataires que la volonté de contenir les risques. Dans ce contexte, les investissements alternatifs se sont illustrés ces dernières années. Ils ont offert des rendements supérieurs aux obligations tout en garantissant une certaine décorrélation vis-à-vis des classes d’actifs traditionnels.
 
Parmi eux, les infrastructures ont fait l’objet d’une attention toute particulière. Sous ce terme générique se cachent des domaines d’activité économique aussi variés que les transports et la logistique (péages routiers, tunnels, ponts, parcs de stationnement, aéroports, ports), l’énergie et les services aux collectivités (distribution et traitement d’eau, distribution et stockage du gaz, distribution et production d’électricité), les télécommunications et les infrastructures "sociales" (hôpitaux, maisons de retraite, écoles, prisons).
 
Les difficultés des Etats à financer de manière autonome la réalisation et l’exploitation des services et infrastructures publics se trouvent à l’origine de leur développement. Pour y parvenir, les Etats ont été amenés à multiplier les partenariats impliquant des investisseurs privés. L’infrastructure illustre bien l’adéquation entre les besoins importants de capitaux des collectivités et les rendements à long terme recherchés par les investisseurs.
 
Prévisibilité et stabilité des revenus
 
En référence à leur fonction et à leur utilité, les infrastructures peuvent être qualifiées de "piliers du développement et de la croissance d’une communauté". En tant qu’investissement, ces actifs partagent toutes les caractéristiques suivantes : une position de quasi-monopole naturel, une demande peu dépendante de la conjoncture, des actifs de longue durée ainsi que des coûts et des revenus futurs connus, car souvent réglementés par l’Etat. Ces éléments distinctifs rendent les infrastructures très attrayantes pour les investisseurs, induisant à la fois une prévisibilité et une stabilité des revenus. De plus, elles offrent souvent une protection contre l’inflation car les concessions et autres contrats de service sont généralement liés à celle-ci.
 
En termes de performance et de risque, les actifs d’infrastructures présentent également des arguments convaincants. Les prévisions sur le rendement total de tels investissements, c’est-à-dire le dividende plus l’appréciation, dépassent le rendement moyen à long terme pour un placement en actions. Leurs caractéristiques les profilent de plus comme une alternative crédible et originale aux placements obligataires traditionnels.
 
Intérêt grandissant en Europe
 
Forts de ces arguments, les investissements dans les infrastructures commencent aujourd’hui à séduire l’Europe. Les sommes engagées sont toujours plus importantes, comme le prouvent le rachat et l’assainissement du réseau d’eau potable britannique Thames Water en décembre 2006 par un consortium emmené par la banque d’investissement australienne Macquarie, pour près de huit milliards de livres britanniques (l’équivalent d’environ 20 milliards de francs suisses).
 
L’investisseur intéressé par ce type d’actif, peut acheter des actions d’une société cotée ou prendre une participation dans une entreprise non cotée. La première possibilité s’illustre par le double avantage d’une liquidité satisfaisante et d’un potentiel d’appréciation à court terme. Cependant, par rapport à l’investissement dans une firme non cotée, la volatilité est plus importante, la corrélation aux marchés des actions plus forte et les rendements souvent plus bas à long terme. Dans ce contexte, l’univers des sociétés non cotées représente la meilleure opportunité de création de valeur dans ce domaine. Une certitude, dans tous les cas, l’infrastructure doit aujourd’hui faire partie de toute réflexion d’investissement visant à l’optimisation d’un portefeuille.
 
Frédéric Dawance, coresponsable des services d’investissement auprès de la clientèle privée