La Libre Belgique - 26/01/2008

Gestion privée à visage humain

Lombard Odier Darier Hentsch & Cie (LODH) est banquier en Suisse depuis 211 ans. Arrivé en Belgique en 2004, cet établissement a obtenu le statut de banque en Belgique. Le point sur une gestion haut de gamme orientée vers les patrimoines familiaux avec Jean Pastré, Associé-gérant de cette maison.

Isabelle de Laminne : Comment se distingue LODH dans le monde du Private Banking ?

Jean Pastré : Nous sommes un établissement privé à 100%, c’est-à-dire que nous ne sommes pas cotés en Bourse, mais la société est détenue par huit Associés-gérants qui décident de la gestion. C’est une organisation de plus en plus rare dans le monde du Private Banking. Nous n’avons pas de comptes à rendre à l’extérieur, ce qui nous permet de suivre notre philosophie de gestion dans l’intérêt de nos clients. Nous avons aussi un sens différent de la durée, dans la mesure où notre établissement existe depuis 211 ans et en est à sa septième génération de gérants. Quand nous nous adressons à des entrepreneurs qui ont vendu ou restructuré leur société, nous sommes sur la même longueur d’onde, étant nous-mêmes des indépendants. Notre seul métier est la gestion d’actifs et, contrairement à d’autres maisons, nous n’avons pas de conflits d’intérêts avec d’autres métiers de la finance. Un des critères distinctifs est aussi notre taille : nous sommes suffisamment grands pour pouvoir engager de bons experts et nous ne sommes pas trop grands avec une grande stabilité des équipes.

Et en quoi votre offre est-elle particulière ?

Nous offrons une expertise à visage humain. Les familles nous consultent souvent dans les phases-clés de leur développement. Nous n’offrons pas de formules toutes prêtes, mais à chaque fois, c’est du sur mesure, ce qui suppose une forte implication humaine. Nous ne sommes pas de simples vendeurs de produits, nous construisons une relation à long terme, basée sur l’architecture ouverte : partout où les autres gestionnaires sont meilleurs que nous, nous utilisons leurs compétences. Nous essayons de répondre à une problématique familiale qui suppose à la fois la gestion patrimoniale, la restructuration des patrimoines et le transfert de ceux-ci.

Quel est le profil de votre clientèle en Belgique ?

La Belgique est un pays de tradition familiale. Notre cible s’oriente vers les entreprises familiales dans une optique de conseil d’allocation d’actifs globale. Parfois, nous sommes amenés à piloter la structuration de tout un patrimoine familial. Les relations par famille concernent en moyenne des patrimoines de 5 millions d’euros, mais plus généralement de 10 millions d’euros.